RITMO (apparenté EMDR) et peur de conduire : une approche pour apaiser l’amaxophobie

Prendre le volant peut sembler simple pour certains et devenir une véritable source d’angoisse pour d’autres.
La peur de conduire, appelée amaxophobie, peut prendre des formes très différentes. Certaines personnes ressentent une appréhension avant même de monter dans leur voiture. D’autres conduisent encore, mais évitent progressivement certaines situations : l’autoroute, les grands axes, les tunnels, les dépassements, les trajets seuls ou les routes qu’elles ne connaissent pas.
Parfois, cette peur apparaît après un accident ou une expérience difficile. Dans d’autres cas, elle s’installe progressivement, sans qu’un événement précis puisse réellement l’expliquer.
Parmi les approches qui peuvent être proposées pour travailler sur les émotions associées à ces situations, la méthode RITMO® utilise des stimulations bilatérales alternées. Elle peut notamment être envisagée lorsque certaines expériences ou certains souvenirs restent fortement associés à de la peur, de l’insécurité ou de l’anxiété.
Qu’est-ce que la méthode RITMO® ?
RITMO® signifie Retraitement de l’Information Traumatique par les Mouvements Oculaires. La méthode a été développée par Lili Ruggieri et s’inspire notamment de l’EMDR.
Elle repose sur l'utilisation de stimulations bilatérales alternées. Celles-ci peuvent être visuelles, auditives ou kinesthésiques, selon la manière dont la séance est menée et les besoins de la personne.
Pendant la séance, le praticien accompagne la personne dans l’exploration d’une situation, d’un souvenir ou d’une émotion qui reste difficile à vivre. Les stimulations bilatérales sont ensuite utilisées afin de permettre un travail de retraitement de l’information émotionnelle.
La personne reste consciente et peut communiquer avec le praticien tout au long de la séance.
L’objectif n’est pas d’effacer un souvenir ni de faire disparaître une expérience vécue. Il s’agit plutôt de travailler sur la manière dont cette expérience est encore vécue aujourd’hui et sur les émotions qui peuvent continuer à lui être associées.
Quel peut être le lien entre RITMO® et la peur de conduire ?
Lorsqu’une personne a peur de conduire, il n’y a pas toujours un seul élément à l’origine de cette peur.
Dans certains cas, un événement précis est facilement identifiable : un accident, une situation dangereuse, une perte de contrôle du véhicule ou une expérience particulièrement stressante.
Mais l’angoisse peut également s’être installée progressivement.
Une personne peut, par exemple, avoir commencé par être mal à l’aise sur l’autoroute, puis avoir évité progressivement cette situation. Avec le temps, cette évitement peut s'étendre à d'autres trajets, jusqu'à rendre la conduite de plus en plus difficile.
Il peut aussi arriver que certaines situations soient particulièrement chargées émotionnellement :
conduire seule ;
prendre l’autoroute ;
s’insérer sur une voie rapide ;
dépasser un autre véhicule ;
conduire lorsqu’il pleut ;
circuler dans une zone inconnue ;
franchir un tunnel ou un pont ;
avoir peur de perdre le contrôle ;
ressentir des sensations physiques désagréables au volant ;
craindre de faire une erreur ou de provoquer un accident.
Dans ce contexte, le RITMO® peut être proposé comme un outil complémentaire dans l’accompagnement de certaines problématiques liées à la peur de conduire.
Il ne s'agit toutefois pas d'une méthode universelle et chaque accompagnement doit être adapté à la situation de la personne.
Comment se déroule une séance de RITMO® ?
Une séance commence généralement par un temps d’échange.
Ce moment permet de comprendre ce qui amène la personne, les situations qui posent problème et ce qu’elle souhaite voir évoluer.
Il peut également être utile d’identifier les sensations, pensées ou émotions qui apparaissent lorsqu’elle pense à la situation concernée.
Le praticien peut ensuite proposer une stimulation bilatérale adaptée.
Pendant cette phase, différentes informations peuvent émerger : une image, une sensation corporelle, une émotion, une pensée ou encore un souvenir.
La personne n’a pas besoin de raconter chaque détail de son histoire. Elle reste accompagnée tout au long du processus et peut à tout moment exprimer ce qu’elle ressent.
La durée et le déroulement d’une séance peuvent varier en fonction de la problématique et de la personne.
Faut-il forcément connaître l’origine de sa peur pour travailler dessus ?
Non. Certaines personnes savent précisément pourquoi elles ont peur de conduire.
Elles peuvent identifier un accident, une mauvaise expérience ou une période particulière à partir de laquelle leur rapport à la conduite a changé.
Pour d’autres, c’est beaucoup moins clair.
Elles peuvent simplement constater :
« Je sais conduire, mais je n’arrive plus à me sentir en sécurité au volant. »
Ou encore :
« Je conduis, mais certaines situations déclenchent immédiatement une forte appréhension. »
Il n’est donc pas toujours nécessaire de retrouver une cause unique pour commencer à travailler sur la problématique.
L’accompagnement consiste notamment à partir de ce que la personne vit aujourd’hui, de ses difficultés concrètes et de ses ressources.
RITMO®, sophrologie et hypnose : quelle complémentarité ?
Dans mon accompagnement, je ne considère pas ces approches comme des méthodes qui doivent systématiquement être utilisées ensemble.
La sophrologie reste mon approche de première intention. Elle permet notamment de travailler sur la respiration, les sensations corporelles, la détente, la perception des émotions et la capacité à retrouver progressivement un sentiment de sécurité.
Le RITMO® peut être proposé en complément lorsque cela semble pertinent pour la situation rencontrée et toujours dans le respect du rythme et de l’accord de la personne.
L’hypnose peut également être utilisée en complément lorsque cela présente un intérêt dans l’accompagnement.
L’objectif n’est donc pas d’accumuler les techniques, mais de choisir les outils les plus adaptés à la personne et à l’étape de son accompagnement.
RITMO® et exposition : deux approches qui peuvent avoir des places différentes
Lorsqu'une personne souffre d’une peur importante de conduire, travailler uniquement sur les émotions ne suffit pas nécessairement.
La reprise progressive des situations de conduite peut également avoir une place importante dans l’accompagnement.
C’est particulièrement vrai lorsque la peur a entraîné des comportements d’évitement.
Une personne peut par exemple avoir commencé par éviter l’autoroute, puis les longs trajets, puis certains axes routiers. Son quotidien peut alors progressivement s'organiser autour de ce qu'elle ne conduit plus.
L’accompagnement peut permettre de travailler sur plusieurs dimensions :
apaiser → comprendre → visualiser → expérimenter progressivement → reprendre confiance.
La progression se fait au rythme de la personne.
Il ne s’agit pas de la pousser brutalement dans une situation qu’elle redoute, mais de construire progressivement des expériences suffisamment sécurisantes pour lui permettre d’avancer.
Dans quels cas consulter pour une peur de conduire ?
Il peut être intéressant de se faire accompagner lorsque la peur de conduire commence à avoir des conséquences concrètes sur la vie quotidienne.
Par exemple, lorsque vous :
évitez régulièrement certains trajets ;
refusez de prendre l’autoroute ;
avez besoin qu’une autre personne conduise à votre place ;
ressentez une forte anxiété avant de prendre le volant ;
avez peur de conduire seul(e) ;
avez cessé de conduire alors que vous en aviez auparavant l’habitude ;
avez repris le volant mais restez très anxieux dans certaines situations ;
êtes marqué(e) par un accident ou une expérience difficile ;
souhaitez retrouver davantage de liberté dans vos déplacements.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que la peur soit devenue très importante pour demander de l’aide.
Une approche personnalisée de l’amaxophobie à Grenoble et en visioconférence
J’accompagne les personnes qui rencontrent des difficultés avec la conduite en adaptant le travail à leur situation et à leur progression.
L’accompagnement commence par un échange permettant de comprendre ce qui se passe aujourd’hui : les situations difficiles, les évitements éventuels, les sensations ressenties et les objectifs de la personne.
La première étape consiste généralement à retrouver davantage d’apaisement et de sécurité intérieure.
La sophrologie peut alors être utilisée pour apprendre à mieux gérer les réactions de stress et développer des ressources mobilisables dans les situations anxiogènes.
Lorsque cela est pertinent, la méthode RITMO® peut être proposée en complément pour travailler sur certaines expériences ou émotions associées à la peur.
La progression vers les situations de conduite se fait ensuite progressivement, en fonction des besoins de chacun.
Les séances sont proposées à Grenoble en cabinet ou en visioconférence, afin de permettre aux personnes qui ne vivent pas à proximité de bénéficier également d’un accompagnement.
RITMO® peut-il aider à retrouver confiance au volant ?
La peur de conduire ne disparaît pas nécessairement simplement parce que l’on sait rationnellement que l’on est capable de conduire.
Le corps peut continuer à réagir comme s’il existait un danger : cœur qui s’accélère, tension musculaire, boule au ventre, pensées catastrophiques ou envie d’éviter la situation.
L’enjeu est alors de travailler progressivement sur cette réaction et de permettre à la personne de retrouver des expériences de conduite plus sereines.
Le RITMO® peut constituer un outil parmi d’autres dans ce travail, notamment lorsque certaines émotions ou expériences restent particulièrement présentes.
Mais chaque situation est différente. L’accompagnement doit donc être personnalisé plutôt que de suivre un protocole identique pour tout le monde.
En résumé
La méthode RITMO® utilise des stimulations bilatérales alternées et s’inspire notamment de l’EMDR. Elle peut être proposée pour travailler sur certaines émotions, souvenirs ou situations difficiles.
Dans le cadre de l’amaxophobie, elle peut trouver sa place en complément d’un accompagnement plus global, notamment lorsque certaines expériences restent associées à une forte charge émotionnelle.
La peur de conduire mérite d’être considérée dans son ensemble : les émotions, les pensées, les sensations corporelles, les comportements d’évitement mais aussi les situations concrètes qui posent problème.
Si vous avez peur de conduire à Grenoble ou ailleurs en France et que cette peur limite vos déplacements, un accompagnement personnalisé peut vous permettre d’avancer progressivement vers une conduite plus sereine.
Vous souhaitez en savoir plus sur l’accompagnement de l’amaxophobie ?
Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace pas un avis médical ou psychologique. La méthode RITMO® est un outil d’accompagnement et ne se substitue pas à une prise en charge médicale ou psychothérapeutique lorsqu’elle est nécessaire.




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